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Les aphrodisiaques - Histoire

AphroditeLe mot «aphrodisiaque» semble avoir été créé au 18 ème siècle. Mais il est connu que des substances améliorant la libido ou suscitant le désir sont employées depuis la nuit des temps.
On sait ainsi, comme l’ont révélé les tombes des grottes de Shanidar en Irak, que voici quelque 60 000 ans nos ancêtres utilisaient des plantes qui eurent plus tard la réputation d’être aphrodisiaques. L’une en particulier était l’éphédra, qui fournit l’éphédrine, un stimulant central et cardiaque tout à fait efficace.
La première prescription historique d’un probable aphrodisiaque est sans doute celle qui remonte à 1500 ans av. JC, inscrite sur un papyrus égyptien : "refroidir les vaisseaux, durcir ce qui est mou; feuilles de paliure 1; feuille de mimosa 1; miel 1; broyer dans ce miel, faire macérer quatre jours durant".
Beaucoup plus tard, Ovide, dans l’Art d’aimer (Livre 2 ): "mais n’épargne pas tes reins, c’est la seule manière de gagner la paix: une bonne attitude au lit doit montrer que tu ne sors pas des bras d’une autre Vénus. Certains conseillent de prendre de la sarriette, une herbe dangereuse et qui, à mon sens, est un poison; d’autres mélangent du poivre avec la graine de la piquante ortie, et pilent de la camomille jaune dans du vin vieux. Mais on ne saurait forcer dans ses plaisirs la déesse qui hante les pentes ombreuses du mont Eryx. Mange plutôt des oignons blancs importés de la ville grecque d’Alcathoüs, de la roquette qui pousse dans nos jardins, des oeufs, du miel de l’Hymette ou des pignons que donne le pin aux aiguilles pointues".
Plus tard encore, Maïmonide, médecin et théologien juif de Cordoue, décrit un moyen aphrodisiaque miracle : "un litre d’huile de carottes, un d’huile de radis et un quart d’huile de moutarde tu mêleras; un demi-litre de fourmis jaune safran vivantes tu ajouteras; l’huile au soleil quatre jours tu exposeras; alors, quatre à deux heures avant coït, avec l’huile prête à l’emploi, le pénis tu oindras".
Les religions virent les aphrodisiaques d'un oeil différent, le christianisme les combattit, au contraire du monde musulman, ou d’autres régions de l’Orient. Dans ces régions le chanvre, associé souvent à une solanacée comme la datura stramonium (stramoine, la plante des sorcières) constituait l’aphrodisiaque le plus répandu.
Aztèques, Mayas et Incas utilisaient et usitent encore la coca, l’écorce de yohimbe, ou le peyotl, cactus fournissant la mescaline, hallucinogène bien connu et aphrodisiaque à ses heures.
Les épices ramenées par les premiers explorateurs aux 17ème et 18ème siècles suscitèrent un intêret "sexuel" certain. Des vertus aphrodisiaques ont été attribuées à un grand nombre d’entre elles, ce qui ne manquait pas de contribuer à leur popularité, et à leur coût. La muscade, la coriandre, la cardamome, la vanille, le gingembre, les clous de girofle, l’anis en sont quelques exemples, et de nombreuses recettes de breuvages aphrodisiaques associant ces épices ont été élaborées. Il faut ajouter à cette énumération le chocolat, la moutarde, la truffe, et bien d’autres encore.
La mandragore, la racine magique anthropomorphe, joua un rôle majeur dans tous les herbiers et jardins médicinaux de toute l’histoire. Elle passait aussi pour aphrodisiaque, comme le rappelle d’ailleurs la Genèse, lorsque Rachel veut obtenir les pommes d’amour du fils de Lea, les pommes d’amour sont les fruits de la mandragore.
Aujourd’hui encore, la récolte de la mandragore s’accompagne toujours en Roumanie de rites magiques, où les jeunes filles chantent : "mandragore, bonne mère, marie-moi ce mois-ci, si ce n’est maintenant, alors le mois prochain, mais fais en sorte que je ne demeure plus longtemps jeune fille".
Les plantes sont donc en très grand nombre à fournir des substances supposées aphrodisiaques.
Il en existe cependant aussi d’origine animale. La plus connue sans doute est la mouche espagnole, appelée aussi cantharide. La cantharide est longue d’un peu plus d’un centimètre, on la trouve dans les pays du sud de l’Europe. Séchée et réduite en poudre, elle a la réputation d’être un aphrodisiaque particulièrement puissant. Cette préparation peut être fortement toxique.
La science biologique et médicale, bien sûr, s’est intéressée au traitement des troubles sexuels, dès le 19ème siècle. L’un des spécialistes les plus connus de ce point de vue est sans doute Charles Edouard Brown-Séquard, physiologiste, neurologue et praticien, successeur de Claude Bernard au Collège de France en 1878. Inquiet de certaines manifestations de vieillissement, il eut l’idée de s’administrer des extraits de testicules de singe, voire même d’en greffer directement. Ces essais ne furent pas spécialement concluants.
L’événement récent le plus spectaculaire, dans le domaine du traitement de l’impuissance masculine, est bien entendu la mise sur le marché en 1998 du sildénafil, connu sous le nom de Viagra, qui n’est d’ailleurs pas à proprement parler un aphrodisiaque.Le sildénafil, qui est un vasodilatateur, avait été développé dans le but de traiter symptomatiquement des maladies des artères coronaires, lors l’angine de poitrine. Lors des essais cliniques, plusieurs patients rapportèrent que leurs difficultés érectiles s’amélioraient sous traitement. Le fabricant rectifia sa clientèle-cible, le succès commercial fut considérable.
Toutefois les meilleurs stimuli sexuels semblent encore être notre imagination et nos fantasmes..